Editorial

L’introduction de la question du développement durable dans les nouveaux programmes de géographie au collège et au lycée suscite de nombreuses interrogations chez les professeurs. 
Comment comprendre ce qui apparaît comme un nouveau paradigme disciplinaire dans le tintamarre médiatique qui privilégie sur cette question les analyses angoissées et un catastrophisme aveuglant ? 
Comment interroger de façon rigoureuse cet objet complexe, toujours en construction, pour l’éclairer et le comprendre à toutes les échelles ?
Comment s’éloigner enfin des discours moralisateurs, si fortement réducteurs, et amener nos élèves à construire cette conscience civique basée sur l’acquisition de connaissances solides et la pratique du débat prospectif qui est au coeur de nos enseignements ?

Participant à une réflexion globale, parallèlement aux scientifiques de multiples disciplines, les géographes se sont emparés depuis plusieurs années de cette question « socialement vive », faisant valoir la spécificité de leurs analyses, apportant leur point de vue particulier sur les enjeux de cette approche du développement. Centrant leur regard sur le développement raisonné des sociétés, ils étudient la manière dont celles-ci utilisent leurs ressources et transforment leurs territoires, en intégrant dans leur grille de lecture du monde les trois dimensions, l’économique, le social, l’environnemental, mais aussi la dimension culturelle du développement durable. Ils posent ainsi la question d’un développement plus juste, favorisant l’équité sociale et spatiale, prenant en compte la problématique du développement des Suds.

Ce deuxième numéro de Pastel a pour objectif d’apporter de nouveaux éléments d’analyse aux professeurs d’histoire-géographie de notre académie sur cette problématique. Il associe des contributions autorisant sa mise en perspective historique et épistémologique et des propositions pédagogiques diversifiées valorisant la pratique de l’étude de cas et des exemples choisis à différentes échelles. Il intègre aussi une nécessaire ouverture vers d’autres disciplines et laisse la place ouverte au débat. Nous espérons qu’il constituera une aide utile pour tous, en favorisant un plus juste positionnement des professeurs, pour une mise en oeuvre pédagogique et didactique pertinente des programmes.

L’équipe des inspecteurs d’académie - inspecteurs pédagogiques régionaux 
Thierry Duclerc 
Marie-Christine Roques 
Laurent Soutenet

L’équipe de coordination 
Emmanuel Attali (Professeur au Collège Pierre de Fermat à Toulouse) 
Fabien Jouvé (Professeur au Collège Voltaire à Colomiers) 
Stéphanie Maffre (Professeur au Lycée Bourdelle à Montauban) 
Hubert Strouk (Professeur au Lycée des Arènes à Toulouse)