"L’histoire du fait colonial a connu depuis deux décennies un profond renouvellement dont témoignent les évolutions de l’historiographie. Les mutations récentes de la recherche sur cette thématique montrent combien se sont élargis et diversifiés les questionnements qui guident désormais le travail des chercheurs. Placée dans le champ de l’histoire culturelle, interrogeant de nouveaux acteurs, intégrant les problématiques construites à l’échelle mondiale par de nouveaux courants historiographiques,l’histoire du fait colonial ne peut plus s’enseigner comme elle le fut quelques années en arrière seulement. Parallèlement à ce mouvement, la demande sociale d’histoire sur ce sujet s’est considérablement accrue. L’histoire du fait colonial, parfois instrumentalisée, répondant à des enjeux mémoriaux faisant d’elle une « question sensible », n’a pas échappé aux raccourcis simplistes.

Les nouveaux programmes d’histoire du collège et du lycée font désormais une place importante à l’étude du fait colonial, contextualisée selon une perspective longue, éclairée par de nouvelles problématiques, croisant les discours d’acteurs multiples et comparant des exemples significatifs qui privilégient les approches concrètes. Ils proposent aux professeurs d’aborder avec leurs élèves la complexité des expériences coloniales."